mardi 19 février 2008

France et Italie: le problème commun d'un racisme subsistant


France et Italie,
le retour d'un racisme qui n'avait surement jamais disparu.
Ceux qui me connaissent le savent bien, le racisme est un thème qui m'a toujours beaucoup touché, qui a toujours créé en moi tant d'exaspération, parfois même de rage. Un thème que je n'ai jamais céssé de débatre, un fléaux que je n'ai jamais céssé de combattre, même si pas assez.
Un fléaux sur lequel je me pose des question depuis l'age de 10 ans, et peut-être même avant (et je n'éxagère pas), quelque chose qui m'a toujours révolté. C'est aussi peut-être parce que petit, je le considérais si absurde que j'étais convaincu que dans la France d'aujourd'hui (ou plutôt celle des années 80), il n'éxistait plus. Le racisme, étant petit, je ne l'avais jamais vu, jamais connu; il m'avait été raconté, en rapport à la Seconde Guerre Mondiale, au nazisme. Et comme la France avait vaincu l'Allemagne, et que les nazis avaient tué tant de gens, j'étais convaincu en faisant des raisonnement simples de gamin (mais que malheureusement de nombreux adultes ne sont même pas capables de faire), qu'aprés de telles horreurs le monde avait compris que le racisme « c'est pas bien » (pour utiliser les térmes infantile que j'avais surement à l'époque), et donc en toute logique, que le racisme n'éxistait plus.
QUELLE UTOPIE, c'est là que l'on se rend compte qu'être gosse, c'est beau: croire que le monde est tout beau tout rose! Passés les 10 ans, quand petit à petit, j'ai commencé à découvrir que le racisme éxistait encore et qu'en plus il était fortement présent dans notre si jolie France, je suis tombé de haut. A 10 ans, en 1995, j'étais déjà inquiet de voir que 15% des français avait voté pour celui que plus tard pendant longtemps j'ai considéré l'ennemi public numero un, Le Pen. Alors, ça peut paraître absurde qu'un gamin de cet age là se pose ces questions, ou bien qu'il m'ai fallu tant de temps pour me rendre compte que le racisme éxistait. Mais moi, au melting pot, j'y croyais dur comme fer, pour moi la société française était simplement à l'image de mes classes d'école. Moi, fils d'immigré italien, j'étais à l'école avec des fils de marocains, d'algériens, de tunisiens, de sénégalais, de comoriens, de portuguais, de vietnamiens, et c'était quelque chose de tout à fait normal. Comment je pouvait m'imaginer que plus tard, avec des qualification égales, moi et un autre gamin du nom de Mohamed n'aurions pas eu les mêmes chances à une demande d'embauche?! Comment j'aurai pu imaginer que les gens ne nous auraient pas regarder de la même manière moi et mon pote Lahcen, parce que lui était marocain?
Alors oui, je suis tombé de haut! Et si je suis tombé de haut, c'est parce ce que trop longtemps on nous a fait croire que la sociètè française était égalitaire, et ça c'est ce que cherche à transmettre l'école Républicaine (ce n'est pas une critique, c'est bien qu'elle le fasse), mais on nous prend pour des cons dés le plus jeune age, parce que Liberté, Egalité, Fraternité, en France n'ont jamais exister. Et ni même ailleurs, malheureusement!!!!!
Le racisme, c'est le premier thème politique auquel je me suis intéréssé, c'est même ce combat du racisme qui a porté à ma politisation personelle. Thème central, donc, pour moi.

Alors, ce qui est paradoxal, c'est que je pense bien que c'est la première fois que j'écris sur ce thème. Et pourquoi? Pourquoi maintenant, en 2007, aprés toutes ces années?
Simplement parce qu'en France, et en Italie où je vis maintenant, le racisme s'est diffusé de plus en plus, et s'est quasiment normalisé. Dans les années 70, dans ces 2 pays, peu étaient les gens qui votaient extrème droite, le racisme était encore considéré honteux par grande partie de ces 2 sociétés, et l'apologie du nazisme et du fascisme était fortement critiquée, voire interdite. Toutes les pratiques de ces 2 courants politiques, convergeants, mais pas égaux à 100%, étaient critiqués, et ce par une grande majorité.
Aujourd'hui, ce n'est plus le cas, l'éxtrème droite a battu des records en France, la droite (dite plus modérée) a fait en Italie une loi sur l'immigration digne d'une politique d'extrème droite (la Bossi-Fini); et la nouvelle droite française, dirigée par le plus médiatisé des présidents d'Europe (faut dire qu'à part Berlusconi, on avait jamais vu ça) a à peine fait une loi sur l'immigration toute aussi scandaleuse.

Pour ce qui est de l'Italie, l'histoire est différente de celle de la France. L'Italie, aprés la Seconde Guerre Mondiale n'a pas connu l'expansion économique qu'a connu la France durant les 30 glorieuses, et n'a jamais eu à faire appel à l'immigration pour un besoin de main d'oeuvre, elle n'a pas n'ont plus eu le passé coloniale de la France, et la langue italienne n'est pas diffusée au niveau mondial. Par contre, le peuple italien a une grande histoire en ce qui concerne l'émigration. Le peuple italien, dés la fin du XIXème siécle a fortement émigré. D'abord au Brésil, aux Etats-Unis, puis en France dés les années 30. Ensuite à partir des années 50, c'est de nouveau vers la France, mais aussi en Belgique et en Allemagne que les travailleurs (de l'Italie méridionnale pour la plupart) se dirigent. Enfin, la dernière phase d'émigration est celle des années 70-80 vers l'Argentine.
L'Italie ne connait le phénomène de l'immigration dans son propre pays que dans les années 90, des années pas particulièrement bonnes au niveau économique, et de plus marquées par l'un des plus grands scandale politique de l'histoire de la péninsule (avec l'opération mains propres). Alors, ce qui est absurde, c'est que ce peuple de grands migrants, qui a des communautés dans le monde entier, et qui s'est tant déplacé durant l'histoire, aujourd'hui voit d'un mauvais oeil ceux qui de l'est de l'Europe, de l'Asie, ou d'Afrique viennent en Italie avec les mêmes espoirs. La deuxième génération d'immigrants (ceux nés sur le territoire italien) est encore très jeune. Et dans ce pays, pourtant si ouvert à un multiculturalisme qu'il a connu durant toute son histoire, les étrangés ont bien du mal à s'intégrer, à trouver un emploi avec un contrat de travail, un logement décent, et vivent souvent dans une forte précarité.
Alors, ici aussi se vérifie la même théorie, la misère porte à la violence, à la délinquance, petite ou non, et la minorité de ces étrangers qui finissent par devoir mandier ou voler pour manger, provoque un sentiment de racisme. Les gens généralisent, et les stéréotypes naissent: les chinois deviennent ceux qui volent le travail parce qu'ils ouvrent des magasins dans lesquels ils font travailler les leurs et en plus font concurrence au marché italien, les africains sont considérés comme des vendeurs à la sauvette, ou des ouvriers (toujours) non qualifiés, et enfin, les plus délinquants, les premières victimes de ces stéréotypes, ceux qui sont devenus les ennemis public numero un, ce sont les roumains.
Alors, aprés l'assassinat d'une femme début octobre par un roumain, la haine n'a cessé de monter, et les médias y ont contribué. Le résultat, c'est que des équipes de neo-fascistes cagoulés ont efféctué plusieurs agressions de roumains dans la capitale, des magasins de la communauté roumaine ont été brulés. Ces actes font beaucoup penser à ceux des «squadristes», les milices de Mussolini, ces hommes qui semaient la terreur dans les rues, contre les communistes, et tout les opposants. Belle preuve de démocratie! Et aprés cela, on entend encore des gens critiquer le non respect des droit de l'homme en Roumanie.
Le 13 Novembre 2007, le gouvernement italien, un pseudo gouvernement de gauche, a fait une demande au conseil européen, une demande particulière, puisqu' aucun pays membre n'avait osé remettre officielement en cause le Traité de Mastricht de 1992 (seul des partis d'extreme droite l'ont toujours sans cesse critiqué). En effet, Romano Prodi et ses disciples veulent remettre en cause le principe de la libre circulation des citoyens européens, pour permettre aux autorités italiennes de chasser les «fauteurs de troubles» roumains du pays. Et le plus scandaleux, c'est que c'est l'un des 6 pays fondateurs de l'Union Européenne qui fait cette demande.
On aura tout entendu. Si même la gauche cherche toutes les astuces possibles pour empecher l'immigration, on a pas fini!!
Voilà pour ce qui est de l'Italie, un pays qui pourtant durant son histoire (je le répéte) a connu un grand métissage culturel, un pays qui a été un point de rencontre entre orient et occident pendant des siécles.
Un peuple qui a lui-meme émmigré dans le monde entier.
Mais les gens oublient l'histoire, je ne cesserai jamais de le répéter!!!!!

Enfin, revenons à l'héxagone. Les chiffres, tout le monde les connait, l'extreme-froite française ces dernières années a battu des records, puisqu'elle est arrivée à 20% en 2002 (1 français sur 5), et qu'en 2006, elle était toujours à 10% (une forte diminution, mais ça reste un résultat fort). Alors, qu'est devenu ce pays symbole de la résistance anti-nazi durant la seconde guerre mondiale? Qu'est devenu ce pays, qui en 1789 s'est libéré par la révolution de tant d'injustice et qui reste encore pour cet évenement historique une référence mondiale? Qu'est devenu ce pays qui a pourtant été si fier de ces valeurs républicaines et de sa devise « liberté, égalité, fraternité »? La France ne se souvient d'etre un pays Black Blanc Beur et n'en est fière que lorsqu'un franco-algérien marque en finale? Zinedine Zidane, personnalité préférée des français?! Mais des 20% qui en 2002 ont voté FN, personne n'a participé au sondage? Combien de termes racistes (que je me refuse de citer) sont employés au quotidien par de nombreux français pour qualifié les arabes, les africains d'origine sub-saharienne, ou les asiatiques. Et les DOM-TOM? Combien de français convaincus que ces iles leur coutent de l'argent, parce qu'ils payent des impôts pour les maintenir? (chose de plus tout à fait fausse étant donnée que les DOM-TOM sont surtaxés par rapport à la métropole)
Mais quand Thuram, l'un des meilleurs défenseurs du monde ces 10 dernières années, a qualifié la France en finale en marquant 2 buts contre la Croatie en 1998, qui a pensé que les DOM-TOM ne devaient pas être français?
Le gouvernement Fillon (normalement les gouvernements prennent le nom des premiers ministre), même si l'on a compris que ce dernier n'est qu'une marionnette... donc disons: le gouvernement Sarkozy élu depuis peu, (mais qui à l'heure où j'écris à mis la France dans un état de révolte que l'on avait pas connu depuis 1995) a fait en Septembre une loi sur l'immigration qui est digne d'une politique d'éxtreme droite moderne (je dis bien « moderne » parce qu'il sagit d'une loi faite dans un pays qui est tout de même censé être une démocratie). Parlons d'abord de ces tests d'entrée (je parle des tests écrits), ces questionnaires auquels seront désormais soumis les nouveaux arrivant sur ce beau pays symbole de la liberté. Imposer des tests d'entrée, veillant à s'assurer que les immigrés connaissent l'histoire et la société du pays, malheureusement, n'est pas une chose nouvelle (en Europe du moin). En effet, le premier pays à avoir imposer de telles normes a été les Pays-Bas. Je ne souviens pas de l'année, mais j'étais encore en France donc j'éstime que ça date d'avant 2005. A l'epoque, je me souvien qu'en France cette loi fut fortement critiquée et considérée non seuleument scandaleuse, mais aussi insensée.
Aujourd'hui, c'est le gouvernement français qui a la ferme intention de faire appliqué cette même connerie. Et les journaux TV qui à l'époque ont critiqué l'idée ne la trouve plus si mauvaise; et c'est la même chose pour grande partie des français (qui pour la majorité forment leur opinion sur ce que dit PPDA ou JPP).
Soyons sérieux! Si dans les années 50 (je le répéte: période durant laquelle la France a du faire appel à la main d'oeuvre etrangère) de telles normes avaient été appliqué, personne n'aurait été accépté en France. Le but de venir dans un pays étranger, c'est de le découvrir, on est pas sensé connaître l'histoire et la société d'un pays avant d'y aller.
Ensuite, il y a ses fameux tests ADN! En 1994, Borghezio, un ministre italien de la Lega Nord, du premier gouvernement berlusconi, avait proposé de recenser tout les immigrés non communaitaires et de faire des fichiers avec empruntes digitales des mains et des pieds. La proposition ne fut pas accepté, mais ce fut un scandale. Aujourd'hui, en France, ils proposent les tests ADN pour les candidats au regroupement familial. Alors soyons clair, le seul objectif, c'est biensur de prolonger les procédures et de décourager la plupart des candidats, une simple nouvelle barrière à l'immigration. Ils ne savent plus quoi inventer.
Bientôt pour pouvoir venir en France, il faudra connaître par coeur les poésies de Rimbaud, les fables de La Fontaine, la Marseillaise, connaître le vieux français, savoir distinguer les différents patois et les comprendre, et savoir faire un 100m en moin de 15 secondes.
Et vive la France, terre d'accueil biensur!!

Voilà, je voulais juste écrire ces quelques lignes afin d'exprimer un sentiment, de haine, de dégout, de peur, je sais même pas!! On en arrive à un point où je sais même plus quoi penser. Je commence à perdre l'espoir qu'un jour la couleur de la peau d'un homme ne puisse avoir la même signification que la couleur de ses yeux. (la phrase est reprise d'un discour de Hailé Selassié I, je ne tiens pas à m'attribuer des sitations qui ne sont pas les miennes) Je commence à ne plus croire en la possibilté d'une société où les hommes naissent libre et égaux en droit, le fait de l'écrire dans des textes de lois ou dans les constitutions n'est qu'une énnieme farce. La situation est grave, plus grave que ce que l'on puisse penser.
Comme on dit en napolitain: Quagliù, ce amm'a move'! (les gars, on doit se bouger le cul)

RAPHAEL PEPE

decembre 2007